L’équipe française a changé de direction l’an passé, et enregistre l’arrivée d’un nouveau sponsor tout puissant avec le transporteur CMA CGM. Par conséquent, la Décathlon a vu les choses en grand au cours de ce mercato, assumant son statut de nouveau riche en recrutant à tour de bras, mais perdant au passage une bonne partie de son identité. Le risque pourrait toutefois s’avérer très payant.
11 départs…
Des dix-huit équipes World Tour, la Décathlon est celle qui enregistre le plus grand nombre de départs, ex-aequo avec l’Alpecin – Premier Tech. Plus marquant encore, huit des onze coureurs partants sont français, et loin d’être des seconds couteaux mais plutôt des coureurs qui ont marqué l’histoire de l’ancienne AG2R. On y retrouve par exemple des vainqueurs d’étape sur le Tour de France comme Nans Peters et Victor Lafay, un meilleur grimpeur de la Vuelta et du Giro avec Geoffrey Bouchard, un vainqueur de classiques World Tour avec Benoît Cosnefroy qui a remporté le GP de Québec et la Bretagne Classic, ou encore les deux champions de France en titre avec Bruno Armirail (sur le chrono) et Dorian Godon (sur la course en ligne). Bastien Tronchon, très bon espoir français, et Clément Berthet, grimpeur à la recherche de plus grandes responsabilités, ont aussi fait leurs bagages et rejoignent tous les deux la Groupama – FDJ, pas mécontente de voir la Décathlon se débarrasser de tous ses Français.
Dries de Bondt est aussi parti. Pas étonnant quand on se rappelle son étonnant mouvement sur le Giro où il avait travaillé pour Carapaz, espérant séduire les dirigeants de l’EF pour un contrat l’an prochain. Mais c’est finalement à la Jayco qu’a signé le Belge. Un autre départ notable est celui d’Andrea Vendrame, pourtant capable de décrocher des beaux succès puisqu’il compte deux victoires sur le Giro, mais lui-aussi a rejoint la Jayco.
Enfin, c’en est fini de l’expérience Sam Bennett. Le sprinteur irlandais n’a jamais retrouvé son niveau d’antan et va aller finir sa carrière en division inférieure, du côté de la Pinarello Q36.5.
…pour 9 arrivées
Le grand projet de la Décathlon pour les années qui viennent est toutefois bâti autour d’un Français, puisque Paul Seixas semble bel et bien être la pépite promise. La Décathlon a donc recruté plusieurs coureurs pour l’aider en montagne, et notamment le très bon Américain Matthew Riccitello, cinquième de la dernière Vuelta. Gregor Mühlberger, le solide Autrichien de 31 ans, et Tiesj Benoot, ancien lauréat des Strade Bianche, devraient aussi avoir un rôle de protecteur auprès de Seixas, au vu de leur expérience dans le peloton.
Mais l’équipe française a aussi décidé d’aller chercher des victoires en plaine en recrutant plusieurs sprinteurs, et notamment Olav Kooij. Le Néerlandais est un des tous meilleurs du monde alors qu’il n’a que 24 ans, et c’est une véritable surprise de le voir quitter la superpuissance de la Visma, où il était pourtant le sprinteur numéro 1, pour rejoindre l’écurie française. Tobias Lund Andresen, Cees Bol et Robbe Ghys sont trois autres recrues spécialisées dans le sprint, avec Ghys et Bol qui feront partie du train et Andresen qui aura sa chance quand Kooij ne sera pas là (comme il l’a brillamment fait en remportant deux courses World Tour en Australie dès le mois de Janvier).
Daan Hoole est aussi un bon coup pour la Décathlon. Vainqueur d’un chrono sur le Giro l’an passé, il devrait avoir un rôle important au sein de l’équipe comme rouleur et poursuiveur d’échappée, autant pour Kooij que pour Seixas. Enfin, il y a tout de même un Français parmi les recrues de la Décathlon cette année avec le jeune Antoine L’Hote qui arrive de l’équipe de développement.
La Decathlon CMA CGM Team veut rejoindre la cour des grands, pour au moins lutter avec INEOS et la Lidl – Trek, voire la Red Bull, dès cette saison, avant de se mêler à la lutte finale avec la Visma et UAE dans les années qui viennent. Mais le recrutement de plus de sprinteurs que de grimpeurs montre aussi un intérêt pour collectionner les étapes, donc attention à ne pas trop s’éparpiller pour soutenir Seixas du mieux possible.
Arrivées
- Tobias Lund ANDRESEN (Team Picnic PostNL)
- Tiesj BENOOT (Team Visma – Lease A Bike)
- Cees BOL (XDS Astana Team)
- Robbe GHYS (Alpecin – Deceuninck)
- Daan HOOLE (Lidl – Trek)
- Olav KOOIJ (Team Visma – Lease A Bike)
- Antoine L’HOTE (Decathlon AG2R La Mondiale Development Team)
- Gregor MÜHLBERGER (Movistar Team)
- Matthew RICCITELLO (Israel – Premier Tech)
Départs
- Bruno ARMIRAIL (Team Visma – Lease A Bike)
- Sam BENNETT (Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team)
- Clément BERTHET (Groupama – FDJ United)
- Geoffrey BOUCHARD (TotalEnergies)
- Benoît COSNEFROY (UAE Team Emirates – XRG)
- Dries DE BONDT (Team Jayco AlUla)
- Dorian GODON (INEOS Grenadiers)
- Victor LAFAY (Unibet Rose Rockets)
- Nans PETERS (retraite)
- Bastien TRONCHON (Groupama – FDJ United)
- Andrea VENDRAME (Team Jayco AlUla)
NOTE : 8/10
Pour
- La Décathlon sera une équipe à suivre dans tous les sprints désormais grâce à Kooij et Andresen
- Riccitello est un soutien de poids pour Seixas, si l’Américain accepte un rôle d’équipier
- Hoole et Benoot sont des valeurs sûres du peloton
Contre
- Perte totale de l’identité française avec 8 partants dont des historiques (Cosnefroy, Peters) et, de manière symbolique, les 2 champions de France en titre (Armirail, Godon)
- Sprints et classement généraux, la Décathlon semble vouloir se risquer à jouer sur les 2 tableaux

Laisser un commentaire