La plus longue journée de cyclisme arrive, et l’excitation des fans est plus que jamais au rendez-vous. Si la Primavera a une réputation, assez logique, de course ennuyeuse, à cause de sa longueur extravagante et de son profil assez plat, elle n’en reste pas moins une des courses les plus indécises de la saison. Mais malgré son profil qui pourrait convenir à tant de coureurs, les deux favoris incontestables sont les deux monstres Mathieu Van der Poel et Tadej Pogačar, déjà huit et dix Monuments à leur compteur respectif.
Un parcours figé dans le temps
Rien ne change d’une année sur l’autre sur Milan-San Remo, et le parcours reste quasiment identique à l’exception des premiers kilomètres qui varient parfois légèrement. Avec 298km, on tient là la course la plus longue de la saison, comme d’habitude. Et s’il faudra franchir le Passo del Turchino à mi-course, ce sera dans la montée de Cipressa (5,7km à 4,1%) que le train de la Team Emirates devrait tout faire exploser, puis Pogačar tentera de finir le travail dans le Poggio (3,7km à 3,8%), là où il n’avait pas réussi à se défaire de Van der Poel l’an passé.
Mais peut-être que l’équipe émiratie voudra durcir la course encore plus tôt que d’habitude cette année, pour fatiguer encore plus le peloton. Il leur faudra alors accélérer dès les courtes montées de Capo Mele, Capo Cervo et Capo Berta, la dernière étant la plus pentue de toutes à 6,2% de moyenne sur 2km.

Deux ogres et une pluie d’outsiders
Ils ont remporté onze des treize derniers Monuments, et ils pourraient très bien encore tous les remporter cette année, comme ils l’ont fait la saison dernière. Mathieu Van der Poel, le tenant du titre, et Tadej Pogačar, à la recherche de son premier succès sur cette course qui lui résiste encore, sont clairement au-dessus du lot. Et même si Tadej ne pourra pas compter cette année sur Narváez et Wellens, tous les deux blessés, il pourra bénéficier du soutien et du travail d’Isaac Del Toro, en grande forme en ce début de saison, qui pourrait être décisif. Et le Mexicain se pose même en vainqueur potentiel si jamais Pogačar n’arrivait pas à s’isoler à l’avant.
Van der Poel devrait être plus isolé dans le final, même si Jasper Philipsen, vainqueur il y a deux ans, sera bien là, mais on voit mal le sprinteur belge pouvoir suivre le rythme infernal de Del Toro et Pogačar dans la Cipressa et le Poggio. Ce constat est à peu près similaire pour les nombreux sprinteurs présents, qui espèrent encore une arrivée massive, comme dans le temps (Zabel quadruple vainqueur, Cavendish, Démare, Kristoff l’ont aussi gagné). Paul Magnier, Tobias Lund Andresen, Mads Pedersen (tout juste de retour de blessure), Corbin Strong, Orluis Aular, Laurence Pithie, Biniam Girmay, Christophe Laporte, ce sont tous des sprinteurs normalement capables de passer des ascensions autour des 4% de moyenne, sauf quand la Team Emirates décide de monter à la vitesse maximale. Jonathan Milan et Matthew Brennan auraient aussi fait partie de cette liste des sprinteurs capables de s’imposer si la course n’est pas trop folle, mais ils ont dû déclarer forfait à la dernière minute.
Du coup, c’est plutôt du côté des puncheurs qu’il faut chercher les potentielles surprises, et notamment Thomas Pidcock, très fort sur les pourcentages moyens. Les anciens vainqueurs Jasper Stuyven, Matej Mohorič, John Degenkolb et Wout Van Aert, les Français Romain Grégoire et Julian Alaphilippe, Filippo Ganna, 2ème l’an passé, et les grimpeurs Giulio Ciccone, Primoz Roglič, Giulio Pellizzari et Matteo Jorgenson seront les autres coureurs qui pourraient suivre le rythme de Pogačar s’ils sont dans un jour immense. Ce serait toutefois un énorme coup de tonnerre si l’un de ceux-là parvenait à s’imposer et mettre ainsi fin à la mainmise de Pogačar et Van der Poel sur les Monuments.
| Le favori | Mathieu Van der Poel |
| Les outsiders | Tadej Pogačar, Isaac Del Toro, Thomas Pidcock |
| Les grosses cotes | Filippo Ganna, Matteo Jorgenson, Mads Pedersen |

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