Malgré les efforts des organisateurs pour ménager le suspense jusqu’aux dernières étapes alpestres, Tadej Pogačar n’en a fait qu’à sa tête et a écrasé le Tour dès la 6ème étape. Intouchable, se permettant de jouer les équipiers pour Isaac Del Toro, joueur sur la dernière étape et de bonne humeur du début à la fin, Pogi a réalisé un Tour de France parfait. Il égalise Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain avec cinq titres sur la Grande Boucle. Derrière, Remco a profité des abandons de Vingegaard et Lipowitz pour chercher la 2ème place, Del Toro a dominé Seixas dans la lutte pour le maillot blanc, Carapaz, Pedersen et Veistroffer ont assuré le spectacle et Merlier a dominé les sprints.
Le vainqueur : Tadej Pogačar
Cinq victoires d’étape, plus de 6 minutes d’avance sur son dauphin, une première victoire au sommet de l’Alpe d’Huez, et son copain Del Toro sur le podium. Difficile d’imaginer mieux pour le Slovène. Outre son écrasante domination, lassante pour de nombreux suiveurs, on retiendra aussi sa légèreté et sa folie retrouvées, après un Tour 2025 qu’il avait terminé fatigué et bougon. Super jovial et fantasque avec les fans mexicains, il a aussi aidé à la victoire de Del Toro lors de l’étape 2, mais aussi d’Evenepoel lors de l’étape 15 et de Van Der Poel lors de la formidable dernière étape. Un Tadej à la fois cannibale et généreux donc.
L’image la plus marquante restera sûrement son travail dans le final de la 20ème étape, à rouler pour Del Toro alors qu’Evenepoel s’envolait, pour finir par franchir la ligne avec le Mexicain en faisant le signe du taureau. Il avait une telle avance au général et est tellement au-dessus des autres qu’il peut tout se permettre.
Les tops : Richard Carapaz, Remco Evenepoel, Mads Pedersen
Il était arrivé en toute discrétion, même pas leader unique de sa formation, mais Remco a finalement réalisé le plus beau Tour de sa carrière, en remportant deux étapes, dont la première course en ligne de sa carrière (même si offerte par Pogačar) et le chrono. Parfois lâché dans les premiers cols, il est monté en puissance au fil des jours pour devenir le seul à pouvoir suivre Pogačar et Del Toro. Sa deuxième place est méritée, et on peu regretter l’absence de Vingegaard lors de la troisième semaine car il y aurait pu avoir un beau duel entre les deux hommes.
Lenny Martinez (5ème), Mattias Skjelmose (6ème) ou Jordan Jegat (10ème comme l’an passé) peuvent aussi être très heureux de leur classement. Tandis que le duel des prodiges entre Del Toro et Seixas a tourné à l’avantage du Mexicain, épaulé par son leader, alors que Seixas a montré tout son talent mais aussi ses premières limites, logiques à 19 ans.
Richard Carapaz avait commencé le Tour calmement, perdant du temps au général, avant de petit à petit sortir de sa boîte, notamment lors des étapes alpestres. Attanquant invétéré, il a remporté les étapes 18 et 20 (bien aidé par les chutes de Kuss) et terminé 3ème de l’étape 19 où ils n’ont pas su s’entendre avec Lenny Martinez. Il termine logiquement avec le maillot à pois, mais aussi le titre de super-combatif du Tour.
Ce dernier titre aurait pu aussi revenir à Mads Pedersen, à l’avant sur tous les terrains pour aller chercher les sprints intermédiaires, et notamment lors des terribles étapes alpestres. Mads représente la quintessence du cyclisme, et son maillot vert final est plus que mérité. Il a aussi remporté son étape lors de la 4ème étape.
Du côté des sprinteurs, c’est Merlier qui a été supérieur aux autres avec trois succès, mais Kooij, Wærenskjold et Philipsen (grâce à une échappée) ont aussi remporté un bouquet.
Enfin, Mathieu Van der Poel a remporté les deux étapes pour puncheurs qui étaient faites pour lui, alors que Mauro Schmid, vainqueur de la 13ème étape, a été le seul baroudeur a remporté une étape, toutes les autres ayant été gagnées par les grandes stars ou les sprinteurs.
La contre-performance : Kévin Vauquelin
7ème du dernier Tour de France, Kévin Vauquelin revenait avec des intentions sur ce Tour de France, mais sa crevaison dès le chrono par équipes alors qu’il visait le jaune n’a été que le préambule de trois semaines de galère. Incapable de suivre le rythme en montagne, lâché même dans les échappées, il n’a pas pu prendre le rôle de leader de son équipe alors que Bernal et Arensman était aussi en méforme. Il termine 36ème à plus de trois heures de Pogačar, une énorme déception pour la coqueluche de l’été dernier.
Les flops : Matteo Jorgenson, Pavel Bittner, Romain Grégoire
Même après l’abandon de son leader Vingegaard, Jorgenson n’a jamais été en mesure de peser sur la course, laissant le soin à Sepp Kuss de se battre pour les victoires d’étape. Comme lui, Juan Ayuso (7ème), Tom Pidcock (9ème), Ben O’Connor (28ème), Antonio Tiberi (37ème) ou Michael Storer (63ème) n’ont pas pesé sur la course comme ils l’auraient voulu.
Du côté des sprinteurs, si Arnaud De Lie a rapidement abandonné, c’est Bittner qui a le plus sous-performé, avec un seul top 10 alors que tous les espoirs de son équipe reposaient sur ses épaules. Bauhaus, Ackermann ou Girmay ont aussi déçu.
Romain Grégoire arrivait en forme et remonté comme jamais après son succès sur les Championnats de France, mais son beau maillot ne l’a pas porté bien loin. Car à part sa 7ème place lors de l’étape 2, il n’a jamais terminé dans le top 20 d’une étape. Julian Alaphillipe, Alex Aranburu, Ben Healy, Luke Plapp, Lennert Van Eetvelt ou Harold Tejada ont aussi traversé la course de manière anonyme malgré leur statut.
La mention spéciale : Baptiste Veistroffer
Le grand public ne connaissait pas la grande carcasse et le franc-parler de Baptiste Veistroffer avant ce Tour de France, mais désormais plus personne ne pourra l’oublier. Premier attaquant de la première étape en ligne, premier attaquant sur les Champs-Élysées, partant tout seul ou à 2 sur les étapes de plat dévouées aux sprinteurs, Veistroffer a fait preuve d’une combativité énorme, même si ses jambes ne répondaient plus trop en dernière semaine. Le Breton s’est en tout cas fait un nom sur ce Tour, devenant rapidement le nouveau chouchou du public français.
CLASSEMENT GÉNÉRAL
| Pos. | Coureur | Équipe | Temps |
|---|---|---|---|
| 1. | Tadej POGAČAR | UAE Team Emirates – XRG | 73h56m26s |
| 2. | Remco EVENEPOEL | Red Bull – BORA – Hansgrohe | +6m26s |
| 3. | Isaac DEL TORO | UAE Team Emirates – XRG | +9m42s |
| 4. | Paul SEIXAS | Decathlon CMA CGM Team | +11m56s |
| 5. | Lenny MARTINEZ | Bahrain – Victorious | +13m02s |
| 6. | Mattias SKJELMOSE | Lidl – Trek | +14m59s |
| 7. | Juan AYUSO | Lidl – Trek | +17m48s |
| 8. | Richard CARAPAZ | EF Education – EasyPost | +20m00s |
| 9. | Tom PIDCOCK | Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team | +29m28s |
| 10. | Jordan JEGAT | TotalEnergies | +33m21s |
CLASSEMENT PAR POINTS
| Pos. | Coureur | Équipe | Points |
|---|---|---|---|
| 1. | Mads PEDERSEN | Lidl – Trek | 559 |
| 2. | Jasper PHILIPSEN | Alpecin – Premier Tech | 475 |
| 3. | Biniam GIRMAY | NSN Cycling Team | 367 |
| 4. | Max KANTER | XDS Astana Team | 289 |
| 5. | Olav KOOIJ | Decathlon CMA CGM Team | 246 |
CLASSEMENT DE LA MONTAGNE
| Pos. | Coureur | Équipe | Points |
|---|---|---|---|
| 1. | Richard CARAPAZ | EF Education – EasyPost | 156 |
| 2. | Tadej POGAČAR | UAE Team Emirates – XRG | 100 |
| 3. | Valentin PARET-PEINTRE | Soudal Quick-Step | 99 |
| 4. | Sepp KUSS | Team Visma – Lease A Bike | 55 |
| 5. | Remco EVENEPOEL | Red Bull – BORA – Hansgrohe | 50 |
CLASSEMENT DU MEILLEUR JEUNE
| Pos. | Coureur | Équipe | Points |
|---|---|---|---|
| 1. | Isaac DEL TORO | UAE Team Emirates – XRG | 74h06m08s |
| 2. | Paul SEIXAS | Decathlon CMA CGM Team | +2m14s |
| 3. | Lenny MARTINEZ | Bahrain – Victorious | +3m20s |
| 4. | Juan AYUSO | Lidl – Trek | +8m06s |
| 5. | Davide PIGANZOLI | Team Visma – Lease A Bike | +54m01s |

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