Dans un Tour d’Italie qui fait la part belle aux sprinteurs et aux puncheurs plutôt qu’aux grimpeurs, à contre-courant des éditions les plus récentes des trois Grands Tours, le suspense sera à chercher dans la lutte pour les victoires d’étape. Car pour le classement général, difficile d’imaginer qui que ce soit venir inquiéter Jonas Vingegaard. La lutte pour le podium derrière le Danois, par contre, promet d’être très disputée.
Vingegaard sans rival
Malgré la présence au départ de trois anciens vainqueurs de Grands Tours, avec Egan Bernal, Jay Hindley et son équipier Sepp Kuss, Jonas Vingegaard est clairement au-dessus du lot en l’absence du patron Pogačar et du prodige Seixas. Fixé sur cet objectif de victoire finale, qui lui permettrait d’avoir la triple couronne sur les Grands Tours, seul un incident en course pourrait l’empêcher de triompher.
Mais derrière, la hiérarchie reste à dessiner, même si les leaders ne seront pas très nombreux. Giulio Pellizzari semble être le plus sérieux candidat pour la seconde place, avec Hindley et Vlasov pour l’épauler, même s’il n’a jamais fait de top 5 sur un Grand Tour pour l’instant après trois tentatives (6ème du Giro et de la Vuelta l’an passé). Du côté de l’INEOS (qui s’appelle désormais la Netcompany INEOS Cycling Team), Bernal pourra compter sur le soutien d’Arensman sur les étapes de montagne.
Orphelin d’un Almeida malade, c’est Adam Yates qui sera le leader de la Team Emirates qui, pour une fois, devrait avoir un rôle d’outsider sur ce Giro, avec un Jay Vine en électron libre. Felix Gall à la Décathlon, Ciccone et Gee-West à la Lidl – Trek, Enric Mas à la Movistar, Ben O’Connor à la Jayco et Michael Storer et Mathys Rondel à la Tudor sont les seuls autres vrais coureurs qui viseront le classement général. Attention aussi au jeune Alessandro Pinarello pour la NSN, sans référence sur trois semaines (abandon dès la 6ème étape l’an passé sur le Giro comme seule expérience), mais au début de saison prometteur.
Milan visera le maillot cyclamen
Avec Walscheid, Consonni et Teutenberg à ses côtés, le sprinteur italien Jonathan Milan voudra collectionner les étapes de sprint. Sept étapes devraient lui correspondre, voire quelques-unes de plus s’il parvenait à franchir quelques petits murs. Philipsen, Merlier, Kooij et Brennan absents, ses principaux rivaux seront Tobias Lund Andresen et Paul Magnier, qui viseront aussi plusieurs bouquets.
Kaden Groves, Vincenzo Albanese, Paul Penhoët, Arnaud De Lie, Orluis Aular, Casper Van Uden, Pascal Ackermann, Giovanni Lonardi, Luca Mozzato, Dylan Groenewegen, Erlend Blikra et Davide Ballerini seront les autres cartes au sprint. Mais attention surtout au trio de la NSN : Vernon, Strong, Stewart.
Les meilleurs grimpeurs de ces sprinteurs pourraient aussi se disputer la gagne sur des étapes plus vallonnées, mais les puncheurs feront tout pour se débarrasser d’eux. Si Van der Poel et Van Aert sont eux-aussi absents, d’autres coureurs pourraient en profiter comme Santiago Buitrago, Edoardo Zambanini, Lennert Van Eetvelt, Javier Romo, Ben Turner, Jasper Stuyven, Jhonatan Narváez, António Morgado ou les Italiens de l’Astana, toujours offensifs, Alberto Bettiol, Christian Scaroni et Diego Ulissi.
Le parcours du Giro 2026
Étape 1 : Nessebar – Burgas (147 km)
Le grand départ aura lieu de Bulgarie cette année, continuant la tradition grandissante des départs à l’étranger. Avec un parcours plat, avec une petite bosse à 2,5% à franchir deux fois et créée seulement pour inciter des échappées à aller se battre pour le maillot de meilleur grimpeur, le premier maillot rose de ce Giro reviendra à un sprinteur.
| Le favori | Jonathan Milan |
| Les outsiders | Tobias Lund Andresen, Paul Magnier, Arnaud De Lie |
| Les grosses cotes | Kaden Groves, Dylan Groenewegen, Corbin Strong |

Étape 2 : Burgas – Veliko Tarnovo (221 km)
Déjà une étape de plus de 220km pour épuiser les organismes. Si les difficultés à mi-parcours ne devraient faire aucune sélection, la dernière montée vers le monastère de Lyaskovets (4km à 6,6%) devraient éliminer certains sprinteurs, mais pas tous.
| Le favori | Tobias Lund Andresen |
| Les outsiders | Orluis Aular, Edoardo Zambanini, Christian Scaroni |
| Les grosses cotes | Jensen Plowright, Luca Mozzato, Ben Turner |

Étape 3 : Plovdiv – Sofia (175 km)
Dernière journée en Bulgarie et, malgré l’apparition du premier col de 2ème catégorie du Giro, celui-ci est suffisamment facile et loin de l’arrivée pour assurer un sprint massif dans les rues de la capitale bulgare.
| Le favori | Jonathan Milan |
| Les outsiders | Tobias Lund Andresen, Paul Magnier, Casper Van Uden |
| Les grosses cotes | Kaden Groves, Vincenzo Albanese, Corbin Strong |

Étape 4 : Catanzaro – Cosenza (138 km)
L’entrée en Italie, après une première journée de repos, ne devrait pas changer le scénario, même si le Cozzo Tunno (14,4km à 6%) éliminera quelques sprinteurs et poissons-pilotes. Mais c’est un sprint qui aura lieu dans le final en faux plat montant, à 4% sur les 400 derniers mètres.
| Le favori | Paul Magnier |
| Les outsiders | Tobias Lund Andresen, Orluis Aular, Corbin Strong |
| Les grosses cotes | Jonathan Milan, Davide Ballerini, Kaden Groves |

Étape 5 : Praia a Mare – Potenza (203 km)
Cette fois-ci, avec une ascension de 6,6km à plus de 9% de moyenne, la plupart des sprinteurs devraient être effacés de l’équation. L’occasion parfaite pour les profils plus punchy d’aller chercher la victoire dans un semi-peloton à l’arrivée.
| Le favori | Christian Scaroni |
| Les outsiders | Jhonatan Narváez, Ben Turner, Javier Romo |
| Les grosses cotes | Lennert Van Eetvelt, Santiago Buitrago, Andrea Vendrame |

Étape 6 : Paestum – Naples (141 km)
Comme toujours dans la ville de Naples, c’est un sprint qui réglera la journée. Mais avec 400 derniers mètres pavés et à près de 5% de moyenne, tous les sprinteurs ne pourront pas briller et seuls les plus explosifs auront une chance pour la victoire.
| Le favori | Arnaud De Lie |
| Les outsiders | Jonathan Milan, Paul Magnier, Tobias Lund Andresen |
| Les grosses cotes | Orluis Aular, Ethan Vernon, Christian Scaroni |

Étape 7 : Formia – Blockhaus (244 km)
La première étape de montagne de ce Giro sera aussi la plus longue de toute cette édition, avec 244km de distance. Le premier juge de paix sera le fameux Blockhaus (13,6km à 8,4%). Ce sera enfin l’occasion de voir les favoris du classement général se livrer pour la première fois.
| Le favori | Jonas Vingegaard |
| Les outsiders | Giulio Pellizzari, Adam Yates, Egan Bernal |
| Les grosses cotes | Felix Gall, Giulio Ciccone, Enric Mas |

Étape 8 : Chieti – Fermo (156 km)
Les purs puncheurs auront dû prendre leur mal en patience, mais cette huitième étape sera pour eux. Le final ne cesse de monter et de descendre, et le terrible Muro di via Repultod (700m à 13,5%) va faire mal. Il restera encore 4km à 5,7% après celui-ci pour aller chercher la ligne. C’est si difficile que les leaders du CG voudront aussi se mêler à la victoire.
| Le favori | Giulio Ciccone |
| Les outsiders | Jonas Vingegaard, Jhonatan Narváez, Santiago Buitrago |
| Les grosses cotes | Jan Christen, Jasper Stuyven, Alberto Bettiol |

Étape 9 : Cervia – Corno alle Scale (184 km)
Le profil est limpide avec 150km tout plat avant la montée finale. Mais celle-ci ne sera pas suffisamment difficile pour faire de vrais écarts. L’occasion pour quelques grimpeurs déjà distancés au général de rafler la mise, ou pour peut-être une première échappée d’aller au bout.
| Le favori | Jonas Vingegaard |
| Les outsiders | Thymen Arensman, Jay Hindley, Derek Gee-West |
| Les grosses cotes | Michael Storer, Alessandro Pinarello, Santiago Buitrago |

Étape 10 : Viareggio – Massa (42 km)
Après une nouvelle journée de repos, le peloton reprendra par l’unique chrono de ce Giro, mais extrêmement long puisqu’il fait 42km. L’occasion pour Ganna de briller et pour tous les mauvais rouleurs parmi les leaders de perdre énormément de temps sur Vingegaard.
| Le favori | Filippo Ganna |
| Les outsiders | Rémi Cavagna, Jonas Vingegaard, Jay Vine |
| Les grosses cotes | Nelson Oliveira, Matteo Sobrero, Victor Campenaerts |

Étape 11 : Porcari (Paper District) – Chiavari (195 km)
Cette onzième étape semble parfaite pour tous les baroudeurs du peloton, qui ne peuvent rêver de victoire que suite à une échappée. Des ascensions difficiles mais pas trop, un final accidenté mais des derniers kilomètres plats. Il ne faudra pas rater cette occasion pour les habituels domestiques.
| Le favori | António Morgado |
| Les outsiders | Diego Ulissi, Andreas Leknessund, Francesco Busatto |
| Les grosses cotes | Michael Valgren, Andrea Raccagni, Alan Hatherly |

Étape 12 : Imperia – Novi Ligure (175 km)
La patience des sprinteurs pourrait être récompensé sur cette douzième étape, mais il faudra quand même être capable de franchir les deux cols de 3ème catégorie à mi-course, qui oscillent autour des 5% de moyenne sur plus de 15km au total.
| Le favori | Tobias Lund Andresen |
| Les outsiders | Paul Magnier, Orluis Aular, Jonathan Milan |
| Les grosses cotes | Edoardo Zambanini, Kaden Groves, Paul Penhoët |

Étape 13 : Alessandria – Verbania (189 km)
Étape cruelle pour les sprinteurs puisque le profil entièrement plat sur 90% du tracé aurait pu les laisser croire à la victoire, mais la montée d’Ungiasca à 7% de moyenne sur près de 5km ne leur laissera que peu d’espoirs. Quelques puncheurs y verront au contraire leur opportunité de briller.
| Le favori | Edoardo Zambanini |
| Les outsiders | Christian Scaroni, Ethan Vernon, Lennert Van Eetvelt |
| Les grosses cotes | Javier Romo, Santiago Buitrago, Egan Bernal |

Étape 14 : Aosta – Pila (Gressan) (133 km)
La deuxième vraie journée de montagne n’arrive que maintenant. Elle est courte et avec des ascensions plutôt roulantes qui permettront à plusieurs bons grimpeurs de croire à la victoire. La dernière montée est tout de même très longue, à 7% sur plus de 16 kilomètres.
| Le favori | Jonas Vingegaard |
| Les outsiders | Enric Mas, Adam Yates, Giulio Pellizzari |
| Les grosses cotes | Jay Vine, Mathhys Rondel, Giulio Ciccone |

Étape 15 : Voghera – Milan (157 km)
Cette fois-ci, rien n’empêchera les purs sprinteurs de batailler dans les rues de Milan puisque le profil est complètement plat. Une belle journée de transition pour permettre au peloton de souffler un peu avant l’emballage final et une dernière journée de repos.
| Le favori | Jonathan Milan |
| Les outsiders | Tobias Lund Andresen, Paul Magnier, Kaden Groves |
| Les grosses cotes | Pascal Ackermann, Dylan Groenewegen, Erlend Blikra |

Étape 16 : Bellinzona – Carì (113 km)
La plus courte des étapes de ce Giro, avec seulement 113km, ne sera pas la plus facile car l’ascension finale vers Cari, en Suisse, est très difficile (11,6km à 8%). Et les quatre petites ascensions précédentes entre 6 et 8% ne seront pas non plus une partie de plaisir. Il y aura de quoi faire des écarts.
| Le favori | Jonas Vingegaard |
| Les outsiders | Giulio Pellizarri, Egan Bernal, Adam Yates |
| Les grosses cotes | Giulio Ciccone, Alessandro Pinarello, Felix Gall |

Étape 17 : Cassano d’Adda – Andalo (202 km)
Voilà une nouvelle belle journée potentielle pour l’échappée, avec un parcours très vallonné qui devrait dissuader les équipes de sprinteurs de poursuivre les hommes à l’avant. Notamment à cause du mur à 7% de moyenne à 5km de l’arrivée.
| Le favori | Jan Christen |
| Les outsiders | Edoardo Zambanini, Alberto Bettiol, Warren Barguil |
| Les grosses cotes | Lorenzo Milesi, Brieuc Rolland, Mattia Bais |

Étape 18 : Fai della Paganella – Pieve di Soligo (171 km)
Moins montagneuse que la veille, cette étape pourrait tout de même aussi revenir aux baroudeurs, au vu du mur Ca’ Del Poggio à 11% de moyenne sur 1,1km à 10km de l’arrivée. Mais les meilleurs puncheurs voudront aussi contrôler l’échappée pour aller chercher la gagne.
| Le favori | Jhonatan Narváez |
| Les outsiders | Christian Scaroni, Santiago Buitrago, Giulio Ciccone |
| Les grosses cotes | Jasper Stuyven, Orluis Aular, Aleksandr Vlasov |

Étape 19 : Feltre – Alleghe (Piani di Pezzè) (151 km)
Le weekend final sera évidemment montagneux, avec notamment quatre cols de 2ème catégorie, un de 1ére catégorie et un hors catégorie au cours de cette antépénultième étape. La montée finale n’est pas très longue, mais affiche des pourcentages à près de 10% de moyenne. Avec 4888 mètres de dénivelé positif, c’est l’étape reine de ce Giro.
| Le favori | Jonas Vingegaard |
| Les outsiders | Egan Bernal, Giulio Pellizarri, Felix Gall |
| Les grosses cotes | Adam Yates, Enric Mas, Sepp Kuss |

Étape 20 : Gemona del Friuli 1976-2026 – Piancavallo (200 km)
Les dernières chances de gagner des places au classement général auront lieu sur cette vingtième étape. La double ascension du Piancavallo (14,5km à 7,8%) pourrait voir deux courses en une, avec une échappée à l’avant pour la victoire d’étape et les favoris à l’arrière pour les places dans le top 10 du général.
| Le favori | Jay Vine |
| Les outsiders | Jay Hindley, Thymen Arensman, Marc Soler |
| Les grosses cotes | Ben O’Connor, Filippo Zana, Derek Gee-West |

Étape 21 : Rome – Rome (131 km)
Comme d’habitude, la dernière étape se déroulera dans la capitale italienne et verra le dernier bouquet se disputer au sprint. Une ultime chance pour les équipes n’ayant pas encore gagné la moindre étape de sauver l’honneur.
| Le favori | Jonathan Milan |
| Les outsiders | Paul Magnier, Dylan Groenewegen, Kaden Groves |
| Les grosses cotes | Tobias Lund Andresen, Giovanni Lonardi, Davide Ballerini |

Vingegaard peut voir venir
Avec un tour avec peu d’étapes décisives et un chrono clairement en sa faveur, Jonas Vingegaard n’aura qu’à gérer sereinement en poussant sur 2-3 étapes importantes, et le maillot rose lui reviendra alors, peut-être aussi facilement que sur Paris-Nice ou le Tour de Catalogne D’autant plus qu’il y a moins de dix coureurs qui seront vraiment là pour jouer le classement général, et donc moins de possibilités que des équipes s’entendent contre la sienne.
La Red Bull et l’INEOS avec leurs duos Pellizzari-Hindley et Bernal-Arensman voudront absolument le podium, alors qu’Enric Mas, Giulio Ciccone et Felix Gall se conteraient d’un top 5. La seule incertitude réside dans la Team Emirates, habituée à jouer les premiers rôles mais qui vient cette fois-ci avec un Adam Yates comme leader, qui voudra profiter de cette aubaine inattendue pour l’habituel équipier de luxe. Mais Christen, Narváez, Morgado, Soler et Vine pourraient aussi s’amuser à dynamiter la course.
Ben O’Connor, Michael Storer, Derek Gee-West, Santiago Buitrago, Alessandro Pinarello, Filippo Zana et Mathys Rondel batailleront, eux, pour un top 10 final.
| Le favori | Jonas Vingegaard |
| Les outsiders | Giulio Pellizzari, Egan Bernal, Adam Yates |
| Les grosses cotes | Giulio Ciccone, Enric Mas, Felix Gall |

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