Au terme d’un final complètement fou, Mathieu Van der Poel est allé chercher la victoire qui lui semblait promise avant la course, sa 3ème consécutive sur l’E3 Classic. Mais que ce fut dur dans le final, et que le groupe de quatre poursuivants pourra nourrir des regrets pour avoir trop tergiversé sous la flamme rouge, au moment où ils allaient revenir sur Van der Poel. Une erreur grossière qui devrait les hanter pendant longtemps.
Le plan semblait parfait
L’Alpecin – Premier Tech avait tout bien fait. D’abord, Silvan Dillier s’était mis à rouler, comme à son habitude, une fois que l’échappée matinale avait atteint les trois minutes d’avance. Le groupe de tête était composé de six hommes (Bastien Tronchon, Stan Dewulf, Luke Durbridge, Michiel Lambrecht, Sven Erik Bystrøm et Nickolas Zukowski). Ils ne le savaient pas encore, mais ce serait eux les derniers résistants à Mathieu Van der Poel.
À 95km de l’arrivée, Timo Kielich a placé une attaque dans le peloton, suivi par plusieurs coureurs comme Daan Hoole, Anthony Turgis ou encore Edward Planckaert, équipier de Mathieu Van der Poel. Ces hommes ont vite repris un trio comptant notamment deux coureurs de la Picnic PostNL, qui était en chasse-patates derrière l’échappée depuis plus de 50km. Mais les hommes de tête étaient encore pointés à près de trois minutes devant.
C’est finalement Tim Van Dijke qui a décanté définitivement la course à 70km de l’arrivée, dans le très dur Taaienberg. Mathieu Van der Poel a sauté dans sa roue et, malgré leurs efforts, Christophe Laporte, Mads Pedersen ou Matteo Trentin n’ont pu faire de même, laissant s’envoler ce duo.
Van der Poel sur le point de craquer
Van Dijke et Van der Poel sont rapidement revenus sur le groupe de contre, mais Van der Poel n’a pas profité longtemps du soutien d’Edward Planckaert, car il s’est débarrassé de tout le monde à 60km de l’arrivée, partant seul à la poursuite des six échappés matinaux.
On aurait dû comprendre que Van der Poel n’était pas aérien dans cette première poursuite, car il lui a fallu près de 20km pour boucher le trou sur l’échappée. Une fois revenu sur les hommes de tête, on arrivait déjà sur l’enchaînement décisif du Paterberg et du Vieux Quaremont. Van der Poel accélèra de nouveau et seul Stan Dewulf parvint à garder sa roue un court instant. Mais Van der Poel s’isola finalement facilement et semblait voler vers la victoire.
Dans le peloton, quelques coureurs tentaient de s’échapper, pour jouer les places d’honneur pensait-on, car Van der Poel était pointé à plus d’une minute devant. Après des tentatives de Morgado, de Laporte ou de Pedersen, c’est finalement un trio constitué de Per Strand Hagenes, Florian Vermeersch et Jonas Abrahamsen qui parvint à sortir. Et l’impensable commença à se produire au fil des kilomètres. Le groupe de contre, qui avait récupéré Stan Dewulf sur la route qui s’accrochait à eux, gagnait du temps sur Van der Poel qui piochait clairement. Ils n’avaient plus que 30 secondes de retard à 15km de l’arrivée.
Un enterrement de première classe
La jonction semblait inévitable. Les quatre hommes avaient Van der Poel en ligne de mire à 5km de l’arrivée, et ils n’avaient plus que 5 secondes de retard à 2km. Mais l’impensable se produit alors. Sous la flamme rouge, Van der Poel fit mine de se relever. Florian Vermeersch qui menait le groupe derrière demanda un relais. Les autres, voyant Van der Poel si proche, à 10 mètres devant eux, refusèrent de prendre la tête pour s’économiser en vue du sprint qui s’annonçait. Mais Van der Poel a alors réaccéléré avant qu’ils ne reviennent dans sa roue. Et personne derrière n’a voulu prendre la responsabilité de reprendre la poursuite. Leur chance était passée. Tout ça a eu lieu en l’espace de 10 secondes, 10 secondes qui ont permis à Van der Poel de reprendre suffisamment de champ pour aller chercher la victoire devant Hagenes et Vermeersch, emplis de rage et de regrets.
La mention spéciale : Stan Dewulf
Il était difficile de prévoir que Dewulf, en s’engageant dans l’échappée matinale, serait encore en lutte pour la victoire à 1km de l’arrivée. Mais en étant le seul à pouvoir suivre Van der Poel dans le Paterberg avant de craquer, puis en continuant son effort jusqu’à être repris par le trio de poursuivants avec lequel il parvint à rester, il était lui-aussi dans le bon coup. S’il est plus logique qu’il n’ait pas relayé Vermeersch à la flamme rouge, au vu de ses efforts de la journée, sa quatrième place finale aura un goût étrange, un mélange de satisfaction et de frustration d’être passé à côté de quelque chose de très grand.
CLASSEMENT
| Pos. | Coureur | Équipe | Temps |
|---|---|---|---|
| 1. | Mathieu VAN DER POEL | Alpecin – Premier Tech | 4h45m15s |
| 2. | Per Strand HAGENES | Team Visma – Lease A Bike | +3s |
| 3. | Florian VERMEERSCH | UAE Team Emirates – XRG | m.t. |
| 4. | Stan DEWULF | Decathlon CMA CGM Team | m.t. |
| 5. | Jonas ABRAHAMSEN | Uno-X Mobility | m.t. |
| 6. | Tobias Lund ANDRESEN | Decathlon CMA CGM Team | +24s |
| 7. | Christophe LAPORTE | Team Visma – Lease A Bike | m.t. |
| 8. | Gianni VERMEERSCH | Red Bull – Bora – Hansgrohe | m.t. |
| 9. | Mads PEDERSEN | Lidl – Trek | m.t. |
| 10. | Matteo TRENTIN | Tudor Pro Cycling Team | m.t. |

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